Falco en 2005 après s'être roulé dans le sable

Falco est né en 1993 auprès d'une rivière appelée "Belle" en Deux-Sèvres, son nom vient de là. C'est un grand cheval gris de 1,72 m avec un dos démesurément long. D'un abord craintif, timide, Falco exige qu'on le respecte. Ce n'est qu'à la longue, une fois la relation de confiance clairement établie qu'il s'exprime à plein et montre tout ce qu'il est. Falco est un ami.

Jean Michel l'a acheté à l'âge de 3 ans sur les conseils d'un ami d'alors, Jacky. Mais à 3 et 4 ans Falco était d'une fougue telle que son propriétaire ne le contrôlait qu'avec difficulté. Il fut donc placé chez Jacky qui l'essaya au saut d'obstacles. Falco débuta les concours en catégorie amateurs jeune chevaux (cycles libres) à l'âge de 5 ans. C'est à cette époque que j'ai commencé à le connaître car Jacky l'emenait à Niort prendre des cours avec Xavier. Je me souviens très bien de ce magnifique grand cheval gris pommelé qui tenait sa tête un peu trop basse et encapuchonnée sur le plat. A l'obstacle, Falco chargeait nez à terre et prenait des longues impressionnantes. Son cavalier parfois, ne pouvait s'empêcher de laisser échapper des cris de stupeur mélés à la peur. Ca avait l'air "sport" de chevaucher Falco ! J'admirais sa beauté mais je ne me sentais pas du tout pour le monter un jour ! :-(

Dans son box en Février 2002 Début 2001, le propriétaire et le cavalier se fâchèrent si fort que que Falco se retrouva au Club Hippique Niortais. J'étais prévenue de son arrivée gràce à Xavier qui le récupérait au travail. A Niort on connaissait bien le cheval mais son propriétaire ne nous était connu que par le filtre négatif des paroles de Jacky. La première semaine, Xavier avait rdv avec Jean Michel pour lui faire monter Falco. Et moi évidemment je n'ai pas pu m'enpêcher de faire ma curieuse et d'aller jeter un oeil. Sur Vizir, innocemment, je suis allée là où je savais les trouver. Mais je vois Xavier sortir du manège suivi de Jean Michel sur Falco. Xavier était pressé, il devait partir à un concours :
_ Ah voilà Carole ! fit-il en me présentant à Jean Michel.
_ Tu vas en trotting ? Vous pourriez aller ensemble ? Carole, tu lui montrerais les chemins ? nous proposa-t-il.
Et nous voilà, Vizir et moi, Falco et Jean Michel à sympatiser dans les chemins autour du club.

Au bout de quelques semaines, il me proposa de monter son cheval. Je l'adorais, mais il n'était à priori pas le genre de cheval avec lequel je pouvais m'entendre facilement. Pourtant, entre Falco et moi ça collait, on arrivait à s'arranger tous les deux. Aussi lorsque Xavier n'avait pas le temps, c'était moi qui le montait.

Lussac les Chateaux Au printemps 2002, Xavier prit sa retraite et me poussa à récupérer le cheval au travail. Jean Michel était content et il me permit d'engager Falco dans tous les concours que je voulais. Je ne m'en suis pas privée. Des victoires et des classements on en a eu à la pelle Falco et moi !

Niort Falco lorsqu'il sautait, avait un style impressionnant. En le voyant sauter avec Jacky ou Julien (le fils de Xavier), il me donnait l'impression qu'il jetait ses ailes vers l'avant en les montant très haut pour que son long corps suive, majestueusement.

C'est en 2003 qu'on a eu le plus d'offres d'achat. A chaque fois qu'on sortait de la région sur un concours où l'on ne nous connaissait pas, il y avait quelqu'un qui me demandait : "Il ne serait pas à vendre, par hasard votre cheval ?". J'ai toujours joué le jeu et téléphoné à Jean Michel au cas où cette fois-ci, il voudrait vendre. Heureusement, il répondait : "un ami, ça ne se vend pas !". Jean Michel a toujours été fidèle à son cheval. :-)

Il y eu un hiver difficile, l'hiver entre 2003 et 2004. Dès que Jean Michel le montait en extérieur, Falco se blessait. Même encore aujourd'hui je ne comprend pas bien ce qui pouvait se passer. Est-ce parce que son cavalier lui froissait le dos en lui sautant dessus à froid ? Avec l'âge les tissus se fragilisaient certainement... Quoiqu'il en soit, au bout de la nième blessure, on plaça Falco au pré en Mars 2004. En octobre de cette même année, je ramenais les deux chevaux au club : Falco et Kaline ! Je me souviens comme j'étais heureuse ce jour là. Quelle fête !

Lèges Cap Ferret

2005 fut notre meilleure année de concours. Classés presque à tous les coups, régulièrement gagnants malgré que Falco ne s'est jamais à 100 % remis de toutes ses blessures. Mais notre entente qui ne cessait de s'accroitre compensait sa baisse physique.

En 2007, on se comprenait totalement. C'était la première fois que j'avais eu l'occasion de faire autant "vieux couple fusionnel" avec un cheval. Mais physiquement, Falco se détériorait. Niort Il avait beaucoup d'arthrose et une sorte d'emphysème s'installait rapidement. Cependant, d'évidence il aimait les concours et mettait beaucoup de coeur dans tous ses parcours. Lorsqu'il s'arrêtait je savais que ce n'était ni par vice ni par faignantise, c'est qu'il ne pouvait pas faire autrement. Pour le concours suivant, je nous inscrivais sur un peu moins dur ou un peu moins haut. :-)

Notre dernière épreuve était une vitesse. La veille, une 3ème place dans une épreuve qu'on aurait dû gagner si j'avais été plus confiante m'avait véxée. Ce jour là, il était hors de question que la victoire nous passe sous le nez à cause de moi. Lèges On a pris toutes les options, Falco a enlevé des foulées où il fallait, on a réussi l'option impossible et lorsqu'il a répondu de bon cœur à ma demande d'accélaration, là j'ai su qu'on gagnait. J'étais écroulée de rire et de plaisir sur les 4 derniers obstacles. Plus je riais, plus je sentais Falco tonique et gagneur. Riait-il lui aussi ? Partageait-il ma joie ? Je le crois, car à ce niveau de conivence, il me semble qu'un cheval accorde ses émotions sur les nôtres, même sans comprendre. Heureusement, on a réussi à ne pas se déconcentrer, on faisait bien et vite. En sautant le dernier, j'ai fait "Youpiiie" comme une gamine hilare et débile sûre que j'étais de gagner. Jamais je n'aurais pensé qu'on pouvait se bidonner autant sur une épreuve de saut d'obstacles ! Quel parcours, quel Falco éblouissant...

Mais voilà. Deux jours plus tard je tenais mon Falco au bout de sa longe qui se roulait de douleurs violentes en attendant le vétérinaire. Cette première colique nous fit atterrir en pleine nuit à la clinique du docteur Lenormand près de Bordeaux avec Jean Michel. Ils ne l'ont pas opéré mais ils l'ont gardé en observation quelques jours. Ils ne savent pas ce qu'il a eu.

Par la suite on l'a placé chez Stephanie pour qu'il puisse marcher dans les paddocks et être surveillé la nuit. Au pré chez Stef Mais malgré une amélioration de sa locomotion (se déplacer dans les paddocks) et quelques rémissions fugaces, son état pulmonaire ne cessa de se dégrader. En août 2008, il a été déferré et mis dans le grand pré avec les juments poulinières et les grands poulains.

Ca me rend un peu triste. Lui si joyeux, si gai qui est devenu si vite à court de souffle qu'il ne peut plus hennir à mon approche comme il faisait avant :-(